 |  | Scènes de réunions, de conversations, de complicité ou de conflits constituent l’essentiel de ma peinture actuelle. Ces personnages à la bouche pincée, pas vraiment sympathiques, souvent vêtus avec ostentation évoluent dans ce que j’appelle mon « Monde profane ». Ils sont une certaine image de nous même ; ils peuvent être mondains, cyniques, désabusés, concupiscents, soupçonneux, envieux… parfois un peu moins mesquins, plus naïfs, et, de temps en temps, avec les séries que j’appelle « Mariages » ou « Enfants », ils échappent à ce vilain coté du social, pour être amour et amour maternel, tendresse et oubli de soi.

Le monde profane existe, bien sûr, en opposition au monde sacré. Ce monde Sacré qui est plus austère et très différent, est antérieur dans mon travail. ). Ce « Monde Sacré » représente l’universalité, la fraternité, la vie...et ce questionnement que chaque être porte en soi…
 
…mais il faut regarder le DVD car pour tout ce qui est indicible, la musique, la peinture et une très vieille dame (qui a écrit quelques livres…) seront plus éloquents que moi.
Quand j’étais dans ce «Monde Sacré » qui est bien sûr aussi une recherche personnelle, le directeur du Musée d’Art Brut de Lapalisse, Luis Marcel m’a proposé de faire une toile pour une exposition collective sur le thème des cochons !!! En pleine «spiritualité » j’ai peint « les cochonnes aux perles », un tableau de 100cm sur 100cm, puis un autre, et un autre…5 mètres de « cochonnes aux perles »! J’ai peint ensuite des poulpes, des otaries, des échassiers, des chats, des rhinocéros…
 
Il y a aussi une série d’une trentaine de coquelicots, rouges, noirs, théâtraux et pourtant si simples.
Fragilité et force, vie et mort…ici aussi tout est symbole et paradoxe. Il y a toujours du ludique dans les signes…Le monde auquel nous prêtons si peu attention ne cesse de nous adresser des clins d’œil…. Pour revenir à la peinture du début de ce texte, on voit parfois de petits êtres, tous nus, avec lesquels les personnages jouent de manière désinvolte, ce sont les « créatures » du monde sacré, ils symbolisent justement ce coté sacré de chacun d’entre nous, que trop souvent, nous aussi, nous ignorons, nous négligeons… Voila pour le fond… pour la forme : je travaille l’huile de façon très classique, dans la technique notamment, il n’y a qu’à regarder les visages. Sortis de leur contexte il pourrait être issus de tableaux du Moyen-Âge, baroques ou classiques. Pourtant la peinture est très personnelle, singulière, d’un style bien marqué et constant.
Je travaille tout le temps, comme je respire. Je crois que j’ai une imagination insondable, j’ai des tas d’idées de séries que je veux décliner, mais je n’ai qu’une seule main pour peindre, et le temps passe vite et les idées nouvelles arrivent, arrivent.. Vite, vite à mes pinceaux….
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