En réalité je n’essaye pas d’imposer à mes œuvres un style quelconque ou une tendance déterminée . Car je laisse à l’idée la liberté de s’exprimer d’elle même. Suivant l’état d’âme, dans une forme symbolique ou surréaliste parfois : réaliste ou impressionniste dans d’autres : et ce sont là à mon avis des étapes nécessaires par les-quelles un peintre doit passer obligatoirement en vue de s’orienter vers sa méthode particulière ou atteindre le degré de singularisation et de spécifie : ce qui est le but de tout artiste. Dans la dernière exposition de Berhmani on remarque, trois techniques de peinture : l’huile, l’aquarelle et le pastel.Les tableaux d’aquarelle traitent de paysages naturels : sidi Abderrahmane azemmour, sidi bernoussi, rochers etc.….A ce sujet il nous a déclaré qu’ « il serait souhaitable de ne pas s’arrêter à l’admiration de la beauté des couleurs poétiques et romantiques car ce n’est pas le plus important mais il faut lire le message que renferment ces tableaux. Les tableaux faits au pastels ou à l’huile s’intéressent plutôt à des sujets variés sociologiques : écologiques, de science fiction. Pour donner une idée plus détaillée sur ces travaux nous allons nous arrêter à quelques uns : A – l’attente : un tableau à l’huile aux couleurs chaudes et sombres dans lequel se présente un ensemble de bougies à moitié brûlées un plat marocain garni de beignets. A travers ce tableau. On peut penser qu’il s’agit de la situation d’un ménage populaire qui attend ! B – les jeunes filles à la fontaine : c’est là l’une des occupations des quartiers populaires et ces hameaux où toute la population s’alimente de la même fontaine devant laquelle une queue leu leu de filles et de femmes est en train d’attendre son tour et que l’artiste nous a présentée sous une forme picturale admirable. En effet à travers la beauté du tableau on voit le malheur d’une population. C- l’humanité : un bocal en verre au deux tiers plein d’eau. A l’intérieur du contenant un homme appelant au secours. Le charme du tableau n’est pas perdu malgré qu’il traite d’un sujet dans la lequel on pourrait remarquer un pessimisme tridimensionnel ; mais il n’en est rien car la beauté des couleurs d’un ciel dégagé et limpide … symbolise l’optimisme et la possibilité de trouver une solution. D – Les petits cireurs : Ce fléau qui ronge notre société. Ces chômeurs déguisés qu’on trouve dans les grandes et les petites villes aux coins des rues. Oui ils n’ont pas été oubliés de cette exposition qui traite de plusieurs sujet. E – La sécheresse : Tout le monde ici au Maroc la vit, et Berhmani l’a vécue à sa manière en tant que peintre.
Beaucoup d’encre a coulé à ce sujet, plusieurs journalistes ont donné leurs point de vue. Des spécialistes ont présenté leurs études avec statistiques et des analyses. Mais le peintre la commente par un tableau. Parmi les autres grands problèmes que connaît notre société, on peut relever la pollution le chômage. D’autres où il se pose des questions non seulement à lui même mais aussi à tout le public sur l’avenir, sur les débouchés et les alternatives. C’est le cas notamment de : Où ? MA Liberté , Après la fatigue, Qui est le responsable ? L’espoir, Pour qui je me brûle ? Les propos suivants nous ont été fournis par l’un des visiteurs : « on relève quelques thèmes récurrents chez le peintre, on peut citer les petits métiers. Le peintre va à la rencontre du peuple et cherche à sensibiliser le public à certains problèmes sociaux : outre le tableau sur les petits cireurs, on peut voir un autre sur le vendeur des oranges un troisième sur le vendeur de la soupe, un quatrième sur un porteur d’eau. Ainsi le titre de l’un de ses tableaux (pour qui je me brûle ?) trouve une réponse dans ses autres réalisations» .
Cédons la parole au peintre lui-même pour nous éclaircir sur certains points.
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