 |  | Mes premières expériences picturales remontent à 1978. Elles sont nées d'un voyage à Bali et de rencontres avec un ami peintre. Autodidacte, j'ai commencé par des toiles de type naïf et figuratif (1978-88), toujours traversées d'expérimentations abstraites qui constituent une sorte d'invariant de mes travaux. A partir de 1992, j'ai entrepris d'approfondir ma recherche en me penchant sur les Signes. C'est ainsi qu'est apparu, au cœur de la matière abstraite, mon peuple de signes personnels, que j'ai pu identifier et nommer parfois. Le Chronophage - mangeur de Temps et Temps qui nous ronge - en est le maître absolu. En même temps que je faisais, quelques années durant, l'expérience des grands salons de peinture parisiens (Salon d'Automne, des Indépendants, des Artistes français, Nationale des Beaux-arts, etc…), j'ai découvert petit à petit la nécessité impérieuse de structurer mon travail en collections successives, tournées vers l'interrogation permanente des arts premiers dans la culture universelle : arts rupestre, sumérien, aborigène, indien. Ce primitivisme est pour moi le seul domaine mental où émotion et imaginaire se conjuguent à merveille pour produire des représentations singulières.
A présent, depuis l'an 2000, le besoin de travailler les volumes se fait plus grand. Certaines circonstances personnelles m'ont imposé l'expérience de la représentation des réalités corporelles. Revenant aussi sur mes premières œuvres, j'ai entrepris récemment de les "décadrer". Depuis le début, le territoire électif de mon imagination et de mes sensations, loin de la petite anecdote, est celui de l'aventure humaine universelle, où le sensible et l'intelligible tentent de se conjuguer pour signifier. Il comporte une part infracassable d'énigme. |